Dossiers séniors

Les Français et le financement de la dépendance

Avec l’augmentation de l’espérance de vie, le vieillissement de la population française dans les années à venir est inévitable. Or nul ne peut savoir dans quelles conditions physiques et mentales il passera ces années de vieillesse : si pour certains, l’avancée dans l’âge se fera de façon sereine, pour d’autres, c’est le spectre de la dépendance qui se profile. Anticiper, se montrer prévoyant afin de faciliter les choses pour soi et pour ses proches est indispensable.


De plus en plus de personnes âgées dépendantes en France


En France, le vieillissement de la population est en marche : la génération du baby boom commence à atteindre des âges élevés, et l’espérance de vie ne cesse de s’allonger. Selon les projections de population de l’Insee, le nombre des 75 ans et plus devrait être multiplié par 2,5 entre 2000 et 2040, pour atteindre alors plus de 10 millions de personnes.
Ce vieillissement rapide est à l’origine de nombreuses interrogations concernant les personnes âgées et leur prise en charge en cas de dépendance.

En 2000, on estimait à 800 000 le nombre de personnes âgées dépendantes en France, en majorité des femmes. Entrent dans cette catégorie les personnes de 60 ans ou plus qui ont besoin d’aide pour accomplir certains actes essentiels de la vie quotidienne.
La dépendance est liée non seulement à l’état de santé de la personne, mais aussi à son environnement matériel : une personne ayant des difficultés pour se déplacer sera considérée comme très dépendante, et pourra même être confinée à son domicile si elle habite en étage dans un immeuble sans ascenseur ; elle sera par contre plus autonome si son logement est mieux adapté à ses difficultés, logement de plain-pied ou en rez-de-chaussée.

Il existe des grilles d’évaluation utilisées pour mesurer la dépendance, chacune mettant l’accent sur un aspect du problème. Parmi celles-ci, la grille AGGIR est basée sur l’observation des activités quotidiennes qu’effectue seule la personne âgée.


Dépendance des personnes âgées, assurance dépendance

L’état de santé d’une personne âgée peut nécessiter des soins particuliers et un accompagnement au quotidien. Si les proches peuvent parfois aider, le maintien à domicile n’est pas toujours possible, et une prise en charge en maison de retraite peut s’imposer.

L’Etat cherche des solutions pour le financement de la dépendance

Le débat est d’ores et déjà lancé sur le sujet du financement de la dépendance des personnes âgées : la Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, a ouvert cette grande consultation nationale, qui doit aboutir à des solutions financières pour le grand âge mais aussi permettre une réflexion plus large sur la place des personnes âgées dans la société.

Durant l’année 2011, la ministre mènera des consultations politiques, patronales et syndicales, et rencontrera également des représentants du monde associatif et médical, des mutuelles et des assureurs. S’inscrivant dans ce projet, la création d’une cinquième branche de protection est envisagée, à côté de la maladie, de la retraite, de la famille, des accidents du travail qui sont les branches traditionnelles de la Sécurité sociale. Pour l’instant, c’est l’allocation personnalisée pour l'autonomie (APA), versée par les conseils généraux, qui apporte une aide financière aux familles ayant à charge une personne âgée dépendante : son montant moyen est de 500 euros par mois.

Mais son financement devient problématique, les recettes de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui la finance progressant moins vite que le montant des allocations versées. De plus, il faut noter que le coût de la dépendance pour les familles est problématique : la députée UMP Valérie Rosso-Debord l’estime désormais à 1800 euros par mois, pour le maintien à domicile (personnel, équipement de la maison…), et entre 2200 et 2900 euros en moyenne en cas de prise en charge par une maison de retraite médicalisée.

On chiffre pour l’instant le coût de la dépendance à 22 milliard d’euros par an, dont 11 milliards à la charge de l'Assurance Maladie et 6 milliards au titre de l'APA. Or cela ne peut que croître, le nombre de personnes âgées dépendantes commençant tout juste à augmenter ! Les estimations en cours annoncent des chiffres de l’ordre de 30 milliards d'euros de coût annuel, à terme.



Les Français privilégient les contrats d’assurance individuels


Il est évident que trouver des solutions de financement pour la dépendance est indispensable. Si des pistes ont déjà été évoquées, (hausse de la CSG pour les retraités ; nouvelle journée de solidarité ; recours aux assurances privées…), rien n’est encore décidé.
Malgré tout, une enquête, réalisée auprès de 1 007 particuliers âgés de 40 à 65 ans, et par le biais de 150 enquêtes auprès des DRH, 150 enquêtes auprès des délégués syndicaux d’entreprises et 36 interviews de partenaires sociaux, fait ressortir les préférences des Français en ce qui concerne la prise en charge de la dépendance.

C’est l’assurance qui serait la solution privilégiée par les Français pour financer la dépendance : 49,6% d’entre eux préféreraient donc souscrire un contrat d’assurance individuel, contre 25,7% de Français qui penchent plutôt pour la solidarité nationale. Le contrat d’assurance collectif a retenu 14% des voix et la solidarité communautaire 10,7%. Cette enquête soulève également d’autres constats.

Assurance dépendance, financement de la dépendance

Face à la dépendance d’une personne âgée, les proches sont souvent démunis. Ils veulent aider mais cela ne leur est pas toujours possible. Il est donc indispensable de se prémunir contre le risque de dépendance, par le biais d’une assurance dépendance.

On apprend ainsi que :
• 75,7% des particuliers interrogés disent ne pas connaître le coût mensuel moyen dépensé par une personne dépendante ;
• 93,6% estiment souhaitable qu’une personne dépendante soit aidée au quotidien par sa famille, mais 28,7% d’entre eux pensent que cela n’est pas possible ;
• 78,4% jugent qu’il faut se prémunir financièrement contre le risque de dépendance, mais seulement 67,8% pensent être couverts ;
• 81,8% des particuliers apprécieraient la mise en place d’une solution collective dans l’entreprise (ils sont 74,7% pour les délégués syndicaux et 72% pour les partenaires sociaux). Les directeurs des ressources humaines y sont en majorité opposés (53,3%).



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