Dossiers famille

Les Français épargnent,
avec prudence

Comme l’a récemment montré une étude de l’INSEE, le moral des ménages français a marqué une chute en décembre 2010, et les particuliers semblent avoir de nombreuses raisons de se montrer pessimistes : ils s’inquiètent notamment de leur situation financière personnelle passée et future, du niveau de vie général en France, ils envisagent une augmentation du chômage et de l’inflation, et estiment qu’il n’est guère prudent de se lancer dans des achats importants. Pour se rassurer, ils se veulent prévoyants et continuent à miser sur la nécessité d’épargner. Ils misent avant tout sur une épargne de précaution !


Les Français sont inquiets, et prévoient d’épargner


Le contexte général est difficile pour les ménages français. Inquiets, ils envisagent l’avenir avec pessimisme, et souffrent de l’inflation, de la flambée des prix de certains produits, qui grèvent le budget familial. Une étude menée par TNS Sofres révèle que les Français ont davantage puisé dans leurs réserves ce semestre : 56% des Français déclarent l’avoir fait au cours des trois derniers mois.
C’est le taux le plus fort enregistré depuis la création de ce baromètre de l’épargne en 2004 et cela montre un besoin important de disponibilité de trésorerie.

Dans le même temps, les particuliers, bien incertains face à l’avenir, envisagent l’épargne comme une nécessité.
Bien sûr, les Français ont toujours été prompts à mettre de l’argent de côté : le passage de la crise et le contexte général d’inquiétude ont renforcé cette tendance. Selon le baromètre épargne réalisé par TNS Sofres, 49% des Français ont épargné durant les trois derniers mois, et 53% d’entre eux comptent le faire dans les trois prochains mois.





Epargne et placements financiers sûrs, des priorités pour les Français

Les ménages français ont tendance à vouloir épargner davantage à l’avenir : inquiets, ils veulent se montrer prévoyants et prudents, et ils privilégient les placements sûrs.

Les ménages privilégient les placements sûrs


La prudence semble devenir le maître-mot en matière d’épargne. Une enquête réalisée entre octobre 2009 et mars 2010 par l’INSEE et portant sur 15 000 ménages tend à confirmer la désaffection des Français vis-à-vis des placements à risques : les valeurs mobilières, les actions, sicav ou FCP, ont attiré moins de foyers, et c’est la première fois depuis sa création en 1992 que le Plan d’épargne en actions subit un recul.
Quant à l’assurance-vie, si elle séduit toujours les ménages, l’INSEE précise que "59,8% des détenteurs d'assurance vie n'ont que des contrats d'assurance vie en euros, moins risqués que les contrats multisupports investis pour partie en actions".

Bien sûr, les placements liquides et peu risqués, comme le livret A, profitent de cette tendance, malgré des taux d’intérêt assez bas : 84,7% des ménages détiennent des livrets défiscalisés, soit un gain de pénétration de 2,1 points en six ans. Au 31 décembre 2010, l'encours total des deux livrets réglementés (Livret A et du Livret de développement durable, ex-Codevi) atteignaient 263,8 milliards d'euros. On peut imaginer que ce type d’épargne, qui séduit notamment les retraités, attirera encore les épargnants en 2011, au vu de l’augmentation des taux d’intérêt dès le 1er février 2011, et les rendements mitigés d’autres types de placements en 2010.




Préparer sa retraite, une nécessité encore sous estimée


Mais si les ménages français aiment à se montrer prévoyants et accordent de l’importance à l’épargne, ils omettent pourtant d’inclure dans leurs objectifs d’épargne la préparation de leur retraite : il apparaît que seuls 36% d’entre eux, soit à peine plus d’un Français sur trois, affirment préparer financièrement leur retraite. Les chiffres sont restés stables par rapport à ceux annoncés en 2004 et en 2008. De plus, un tiers assurent ne pas avoir prévu de mettre en place une épargne retraite dans l’avenir.

Dans cet objectif précis, c’est évidemment l’assurance-vie qui reste le placement privilégié, à 54%. Elle est suivie, de loin, par le PERP, les plans d’épargne collectifs ou les placements boursiers. La récente réforme des retraites ne semble pas encore avoir modifié les comportements : il faudra attendre un peu pour observer si ces nouvelles mesures entraîneront une épargne plus importante des actifs.

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